Meyer-Fonné , Le verre de terres colmar
Un autre petit voyage, cette fois-ci comme hôtesse. Pas très difficile mais beaucoup d’attente. Spécialement mercredi. Départ de Bordeaux à 10h00, arrivée à Mulhouse à ... 17h00 ! Pas en voiture, en avion. Longue attente de 4h à Paris CDG. À chaque fois que j’ai à attendre, je fais un petit détour à la boutique hors taxes pour voir la sélection de vins. À chaque fois, je vis la même déception. Les même bouteilles, les mêmes maisons. Très mauvais rapport qualité-prix. C’est déprimant de voir que dans un pays comme la France, le vin est aussi mal représenté.
Il y a quelques exceptions. L’aéroport de Bordeaux, par exemple, a une boutique de vin... de Bordeaux. Le choix est plus grand que les boutiques hors taxes mais la sélection est quand même sans risque. Grandes maisons, marques connues. Malheureusement, cette situation ne s’arrête pas aux aéroports.
Si vous êtes québécois et je dis Bordeaux, vous dites Vin, n’est-ce pas ? Si vous n’y avez jamais mis les pieds, vous vous imaginez une ville remplie de restos avec des cartes de vin étoffées à des prix imbattables, et le tout servi dans des verres appropriés. Détrompez-vous, ce n’est pas si facile.

Bordeaux n’est pas la seule ville vinicole à souffrir d’originalité vinique. Après cette escale d’un nuit, nous avons transféré à Mulhouse, en Alsace, et c’était pire. J’étais dans l’une des plus belle région de vin blanc au monde et j’étais incapable d’avoir un verre de riesling qui n’arrache pas la gorge ! Voici la carte des vins du restaurant où nous avons mangé le premier soir :
Pinot Blanc
Riesling
Gewurtz
Pinot Noir
Edelzwiecker
Bordeaux

Ça faisait 3 jours que j’étais arrivé, j’étais passé par deux des régions les plus prestigieuses et j’avais bu seulement un bon verre de vin !!! C’était à Bordeaux et c’était un Costière de Nîmes !!! Yé où l’problème ! Et sans vouloir offenser les alsaciens, il est grand temps de mettre le verre à vin traditionnel au musée, vous savez le très petit verre au pied vert.
Tiens parlons des verres. Je choisi souvent les restos en fonction des verres à vin que je vois sur les tables. Pour moi, si le restaurateur porte un soin particulier aux verres, c’est qu’il doit faire de même avec sa carte, ceci me trompe rarement. Dans les dernières années, je suis allé à quelques reprises en Espagne et en Italie. Ce qui m’avait frappé, c’est la qualité des verres, spécialement en Espagne. Du bar du coin, au restaurant plus chic. Riedel, Schott, Speigelau... La différence entre un pays qui a promu le vin au rang de patrimoine culturel et un autre qui est en train de le criminaliser.
Jeudi, je me lève avec un seul but: boire au moins un bon verre dans ma journée. Cette mission semblait facile car nous allions dans le vignoble. Premier arrêt: Eguisheim ( photo droite ). Magnifique village où la rue principale regorge de caveaux de dégustation tenus par les producteurs de la commune. Certains d’entre eux sont d’ailleurs excellents. Nous choisissons un resto, les menus arrivent, je regarde la carte, le seul fabricant vendu est le même que la veille !!! Malchance ?


Grand Cru Schlossberg

Le troisième et dernier bon verre de vin du voyage arriva en soirée à Colmar au bar à vin / restaurant / caviste le Verre de Terres. Cet établissement est tenu par Laurent Marlot qui a vécu au Québec quelques années. La cuisine est irréprochable. La sélection de vin est orientée vers les vins dits « natures » . J’ai trouvé la liste un peu courte mais j’ai appris par la suite qu’il y a une réserve du patron pour les amateurs avertis. Mon choix s’est arrêté sur un Côtes-du-Rhône du Château des Tours d’Emmanuel Reynaud ( Rayas ) 2004. Magnifique sur le boeuf. La seule chose à améliorer, c’est le sourire de la serveuse et sa connaissance en vin, qui, de son propre aveu, est nul. À mon avis ceci devrait être un pré-requis dans un bar à vin / caviste.

Donc, j’ai sauvé mon voyage. Ouf ! Heureusement ça m’a pris moins de temps que lire l’oeuvre de Proust. Si j’avais été dans le grand nord québécois, j’aurais compris que trouver un vin de qualité puisse ressembler à une épreuve de Fort Boyard. Mais en France ? Peut-être que c’est parce que je suis québécois que je n’ai rien compris. Alors il faut m’expliquer.
L’autre belle bouteille de la semaine fût à la maison. À notre arrivée, hier, j’ai ouvert un vin canadien. Une bouteille du Domaine Sandbanks, de la région de Prince Edward County, région située sur le Lac Ontario. Cette bouteille est un cadeau des mes voisins qui étaient en vacances dans la région. Je vous en reparle bientôt.
À la recherche du vin perdu
20 juin 2009