Domaine Christophe curtat nomade Saint-Joseph 2007
Le 21 mars, c’est l’arrivée du printemps. C’est aussi à cette date que mon père est décédé... il y a 15 ans. Il avait 50 ans et j’en avais 22. J’étais étudiant en tourisme et je prenais tout pour acquis. J’avais la vie devant moi. Maintenant, si je compte rapidement, 50 ans c’est dans 13 ans. Rien ne laisse croire que le même sort m’est réservé, mais je ne peux m’empêcher d’y penser. Le cancer est une maladie sournoise.
Après 15 ans, la mémoire commence à me jouer des tours. Son image est moins présente. Le son de sa voix est vague. Il me reste cependant beaucoup de souvenirs. Un de ceux là est que mon père faisait son vin. Rien de grand. Il le fabriquait à partir de jus achetés, auxquels il ajoutait tout le nécessaire pour qu’ils deviennent du vin. Il faisait même du mousseux. Je devais avoir 15 ou 16 ans. J’ai le souvenir d’avoir pris un cuite avec son mousseux. Je me souviens encore du mal de tête.
C’est 10 ans après sa mort que j’ai commencé à m’intéresser au vin. Ce n’est sûrement pas une coïncidence. Il m’arrive de me demander s’il ferait encore son vin. Serait-il mon plus grand lecteur ? Une chose est certaine, je l’aurais amené chez mes amis vignerons. Je crois qu’il aurait beaucoup aimé. Je crois qu’il aurait également aimé les vins de mon ami Christophe Curtat. C’est cette bouteille que j’ai décidé d’ouvrir pour l’occasion.
Faite à 100% de syrah, cette bouteille est magnifique. Il faut dire que le millésime l’est également. C’est le deuxième de Christophe et c’est réussi. Quoique beaucoup trop jeune, ce vin se présente très bien. Son jus est très aromatique et possède une superbe matière. Il est racé et puissant, mais équilibré par une belle acidité. Une main fer dans un gant de velours.
Ce vin sera encore magnifique pour le 25e anniversaire de sa mort et mon 47e anniversaire de naissance. Car j’ai bien l’intention de me rendre jusque-là.
Depuis sa mort, je me suis trouvé des mentors qui sans le remplacer, l’ont très bien secondé. Ces personnes, dont je parle sur ce blog à l’occasion, se reconnaitront. Merci à vous d’être là.
Je termine cette journée en ayant une pensée pour ma mère et ma soeur qui, malgré les kilomètres, doivent vivre cette journée comme moi. Je terminerai cet article par un regret: J’aurais aimé que mon père connaisse ma femme. Il l’aurait adoré !
Moi qui me croyais en panne d’inspiration !
Parlant de printemps, voici une vue de la ville de Québec prise de l’Hôtel Le Concorde, il y a quelques jours. On y voit le Château Frontenac et l’Île d’Orleans

En cette première journée de printemps... Une pensée pour mon père
21 mars 2010