Hospice de beaujeu, Moulin à Vent1955 - Chablis 1er Cru La Forest 2005,Vincent Dauvissat - Le Clos 2003, Clos Rougeard, Saumur Champigny
Hospice de beaujeu, Moulin à Vent1955 - Chablis 1er Cru La Forest 2005,Vincent Dauvissat - Le Clos 2003, Clos Rougeard, Saumur Champigny
1001 VINS
Je le répète toujours, je suis choyé de pouvoir combiner métier et passion. Choyé d’être bien entouré en ayant une super famille, une femme fantastique et des amis loyaux. C’est pourquoi je n’hésite pas redonner. Régulièrement, lors de mes escales, je sors l’équipage. De cette façon je partage ma passion et leur donnant la chance de boire de belles bouteilles et de bien manger. Je ne manque pas une occasion d’amener des membres d’équipage avec moi chez des amis vignerons. Il est évident que je choisis des gens qui ont le goût de découvrir et d’apprendre.
La semaine dernière, je n’ai pas fait exception à cette règle. Deux membres d’équipage, Pierre et Katherine, se sont joints à moi pour une soirée au Georges Five, à Lyon, en compagnie d’amis de la région. Super soirée, super vins, et super accueil des amis du G5. De plus, Katherine s’est rappelée, durant la soirée, que c’était son anniversaire. Avec le décalage, elle avait oublié quelle date nous étions !!!
Avant de quitter ( car ils sont partis avant moi ), ils ont eu la chance de goûter ce Moulin-à-Vent 1955 ! Pour ceux et celles qui ne connaissent pas cette appellation, elle est du Beaujolais. Donc ce vin est fait avec du gamay, ce grand cépage souvent boudé. Ce vin, servi à l’aveugle, m’a tout de suite séduit. Le nez, beaucoup plus jeune que l’année indiquée sur la bouteille, n’était aucunement fatigué. Le fruit était encore présent ! La bouche avait encore une belle structure et possédait une certaine puissance alcoolique. Je me croyais en Côte de Nuits. Ce vin ne faisait pas ses 55 ans. Je me suis empressé de donner mon verre aux collègues pour qu’ils puissent goûter ( il n’en restait pas assez pour tous ). Ceci est important pour moi. La raison pour laquelle je suis aussi passionné aujourd’hui, c’est qu’un jour, quelqu’un m’a permis de boire des vins qui ont eu un effet déclencheur. Alors, je me dis qu’un de ces vins uniques que je partage, aura, un jour, le même effet déclencheur et qu’un autre passionné naîtra. C’est également ma façon de ne rien prendre pour acquis.

En plus de cette bouteille, nous avons eu la chance de boire un superbe Chablis 1er Cru La Forest 2005 de Vincent Dauvissat et Le Clos 2003 du Clos Rougeard Je réalise soudainement que les bouteilles bues ressemblent drôlement à celles de mon dernier texte. Les deux, encore trop jeunes, se buvaient très bien. La première est issue d’un grand millésime qui a engendré des blancs qui manquent parfois d’équilibre. Ici ce n’était pas le cas. Belle matière solaire soutenue par la minéralité typique de Chablis. Un vin complet qui vieillira remarquablement.
La deuxième, issue d’un millésime caniculaire, était très équilibrée. Est-ce les effets de la biodynamie ? Elle était cependant un peu marquée par le bois. J’avais remarqué la même chose sur un Poyeux du même millésime ( cuvée au dessus dans la gamme ). Tous à table en étaient à leur premier contact avec ces deux domaines d’exception et ils ont adoré. Vous me direz que je ne suis pas très original, les deux même domaines en deux semaines, mais quand vous voyez ces deux domaines sur une carte de vins, vous en profitez car ce n’est pas facile à trouver. Surtout à ce prix. Le Dauvissat 50€ et le Rougeard 45€.

Un événement tragique est venu assombrir cette escale qui avait pourtant si bien commencé. Katherine a dû rentrer d’urgence à Montréal car sa mère est décédée subitement... Cette nouvelle a eu l’effet d’une bombe. Tout de suite j’ai eu envie d’être chez moi. Son retour, seule, a dû être interminable. Cet événement m’a fait réaliser que ce métier m’amène bien loin de chez moi. Il m’a de nouveau rappeler que tout peut basculer en un claquement de doigt. C’est pourquoi il ne faut rien prendre pour acquis et profiter de chaque moment que la vie nous offre.
Ce texte était pour mes proches qui font que ma vie est ce qu’elle est. Et bien-sûr pour Katherine, courage !
Ne rien prendre pour acquis
13 juin 2010