1001 VINS

Bourgogne

 

SUPERFICIE

22 000 ha


PRODUCTION

1 215 000 hl / an


CÉPAGES

Chardonnay

Gamay



APPELLATIONS


Beaujolais

Beaujolais Villages

Fleurie

Morgon

Brouilly

Côte-de-Brouilly

St-Amour

Moulin-à-Vent

Regnié

Chenas

Chiroubles

Julienas



PLANS



Bourgogne

Beaujolais

Le Beaujolais

Le mal aimé ! Je m’intéresse au vin depuis 5 ou 6 ans et j’ai remarqué que ce vignoble est le souffre-douleur de la France. C’est bien dommage, car le Beaujolais est l’une de mes régions préférées. Ses habitants chaleureux et conviviaux, ses paysages à couper le souffle et ses vins magnifiques à prix très très doux.


Voici un extrait d’un article que j’ai écrit en 2008 :


Je vous entends d’ici : Pas du Beaujolais! Mais si. Chaque fois que j’évoque cette superbe région,  j’ai toujours la même réaction. Un visage de méfiance, surtout chez les plus vieux ( les jeunes ne boivent presque plus de vin ) qui semblent se rappeler leur première cuite au Beaujolais nouveau. Le mal de tête carabiné du lendemain. Il y a des a priori fortement ancrés dans la tête des amateurs.


Et pas seulement en France. J’ai un peu la même réaction de la part des amateurs québécois. Pour eux, cette région évoque des vins sans matière, insipides et sans aucun potentiel de garde. Il faut dire que les vins de cette région sur les tablettes de la SAQ sont assez quelconques. Heureusement qu’il y a quelques belles bouteilles comme les vins du Domaine de Vissoux et ceux du domaine des Terres Dorées de Jean-Paul Brun pour relever le niveau. Son blanc est exceptionnel. Je vous entends d’ici: Pas du blanc...


Le niveau de qualité a nettement augmenté ces dernières années. Beaucoup de jeunes producteurs ont pris la relève en privilégiant la qualité sur la quantité. Les méthodes de culture ont également changé. L’année dernière, je parlais avec un passager, pharmacien de cette région, qui me disait qu’à une certaine époque, les vignerons venaient le voir pour traiter des brûlures aux mains et aux avant-bras dues aux produits chimiques. Maintenant, ils viennent les faire peser afin de contrôler la quantité qu’ils utilisent.


Donc, une culture plus raisonnée et de plus en plus biologique. Cette nouvelle génération  a également laissé tomber la recette en cave pour laisser une plus grande place à la nature. Exit la chaptalisation, l’acidification et les levures au goût de banane. Exit les rendements excessifs et l’utilisation du soufre à outrance. Tout ce changement donne des vins différents de ce que les gens ont l’habitude de boire. Ils sont classés atypiques. Ce qui cause beaucoup de soucis à ces producteurs qui doivent soumettre leurs vins à la dégustation pour obtenir l’appellation. Plusieurs se retrouvent déclassés et doivent vendre leurs vins sous l’appellation Vin de Table.  Beaucoup plus difficile de vendre un vin de table qu’un Morgon. Il reste beaucoup de travail à faire.





Malgré ce mouvement, cette région reste encore assez homogène. Il faut entendre ce que les oenologues conseillent aux vignerons après l’analyse de leurs vins, pour comprendre que tout finit par goûter un peu la même chose. Désacidification, pour mieux ré-acidifier, utilisation de telle ou telle levure pour accentuer les arômes, etc. Le Beaujolais n’est pas le seul endroit où l’on vinifie de cette façon, mais selon ce que j’ai appris, ces pratiques sont très courantes. Je vous invite à visiter ce site web pour avoir un aperçu des produits disponibles, afin de créer le goût recherché. http://www.laffort.com/


Une autre chose a nuit au Beaujolais, c’est la mode des vins puissants et surboisés des pays du Nouveau Monde et d’Europe. Le vin qui goûte la même chose année après année comme si le climat n’avait aucune influence. Le gamay, cépage local, même s’il est gourmand, fait plus dans la dentelle que dans l’opulence. Il est très parfumé, mais son profil gustatif tire plus vers la longueur que la largeur. Il a également une acidité qui ne plaît pas à tous les palais habitués aux vins flatteurs. 





À gauche Nicolas Testard flanqué de Xavier Benier et l’ami Jean-Marc



Bon, c’est un long extrait, mais ça résume, encore aujourd’hui, ce que je pense de cette région. Vous l’aurez deviné, je l’adore.




Histoire et géographie



Le vignoble du Bojo, remonte aux Romains. Après la chute de l’Empire, ce sont les abbayes, dont celle de Cluny, qui en ont favorisé le développement. Ce vignoble a un passé douloureux, rempli de périodes difficiles. Guerres, peste, famines, gelée noire de 1880 et phylloxéra. C’est grâce à un homme de la région, Victor Puillat, que l’on doit la solution à ce terrible fléau: la greffe de la vigne sur des pieds américains qui sont résistants à la maladie. Aujourd’hui, en plus de l’économie fragile, la région est de  plus en plus victime des effets ravageurs de la grêle. 


Le Beaujolais est long de 55 km et large de 15km. L’altitude varie entre 200 et 500 mètres et l’orientation est généralement est, sud-est et sud. En plus des appellations Beaujolais, Beaujolais-Villages et Nouveau, cette région contient 10 crus. C’est sur ces crus que le gamay donne le meilleur de lui même. Cépage vigoureux, il se plait sur les sols pauvres de la région.







Les Crus


Ils ont tous une personnalité distincte dûe à leur emplacement et leur sol.


Le Fleurie se caractérise par sa finesse et son élégance. Dépendant de la situation des vignes, il peut également donner des vins avec plus de matière. Les vins issus de la Madone en sont un bon exemple. J’ai découvert cette appellation avec Les Chermette du Domaine de Vissoux pour ensuite enchaîner avec Yvon Métras, Nicolas Testard et, dernièrement, Sylvain Chanudet.






Le Morgon, vin de garde, est complexe, ample et riche. Le sol composé de schiste apporte un côté aérien aux vins. C’est avec cette appellation que j’ai découvert le Beaujolais. Un vin de Marcel Lapierre. Pionnier des vins sans sulfite. Ça m’avait renversé. J’ai par la suite découvert les autres de la même école: Foillard, Thévenet et Descombes. Depuis deux ans, je me suis lié d’amitié avec Renaud Bodillard et sa famille. Ils produisent de très beaux vins. La cuvée Marie-Louise est excellente.





Le Moulin-à-Vent, autre vin de garde, est l’un des plus complets de la région. Avec beaucoup de structure, il a généralement besoin de quelques années pour se détendre. Ici, j’avoue avoir moins de référence. À part Sylvain Chanudet, le Domaine de Vissoux et Yvon Métras, je n’en ai pas goûté beaucoup. Il y a la famille Perraud du Domaine des Côtes de la Molière que j’aimerais goûter. Isabelle, dès que j’ai une chance, je passe vous voir. Vous pouvez la lire sur son blog.





Le Brouilly et Le Côte-de-Brouilly sont les plus connus au Québec, particulièrement ceux de Georges Duboeuf qui se retrouvent toujours dans la liste des meilleurs vendeurs de la SAQ. Les premiers sont charnus et de garde moyenne. Les derniers sont souples et de longue garde.


C’est cependant avec des vignerons comme Jean-Claude Lapalu ( photo ) que ces crus s’expriment à leur plein potentiel. C’est là que le terroir transcende le cépage pour donner des vins qui, à l’aveugle, peuvent en bluffer plusieurs. Ceci est vrai pour tous les autres crus. 








Les autres crus me sont moins connus. Je ne les ai goûtés qu’à très peu d’occasions. Voici ce que mes recherches ont données:


Le Chiroubles serait le plus féminin des crus, ceci serait principalement dû à son altitude élevée et ses sols maigres, légers et perméables.


Le Régnié,  le plus récent des crus, se caractérise par une grande variation d’altitude. De 250 à 500 mètres. Les vins peuvent être assez différents dépendant de l’altitude et du sol. Ils peuvent passer de léger à corsé selon le terroir.


Le St-Amour produirait des vins délicats et charmeurs. Sans être de longue garde, ils ont un certain potentiel. Spécialement les vins issus des terroirs près de Julienas aux lieux-dits Les Capitants et Pavillon.


Le Chénas,  le plus petit cru, est voisin du Moulin-à-Vent. Il posséderait un réel potentiel dû à la qualité de ses sols. J’apprends, à ma grande surprise, que les producteurs de ce cru ont le droit de le commercialiser sous l’appellation Moulin-à-Vent. Le Chéhas se rapprocherait beaucoup de cette dernière en structure et en arômes. Selon mes lectures, ce serait une perle cachée. Chez les meilleurs producteurs et les plus belles parcelles, les vins seraient d’une grande complexité et de longue garde. La violette en serait l’arôme primaire


Le Juliénas est situé entre le Saint-Amour au nord et le Chénas au sud. Beaucoup plus grand que son voisin du sud (double), le Juliénas produit des vins assez différents. Ici, la violette ferait place aux fruits rouges telle la framboise.







On ne peut pas parler  de cette région sans parler du Beaujolais Nouveau. Ce vin représente quand même un tiers de la production annuelle. Ce délicieux nectar peut être absolument divin spécialement celui issu de grand millésime. 2009 est un excellent exemple. Je me régale du Bojo Nouveau de Xavier Benier. Un panier de fruits, à la couleur profonde aux teintes de bleuets.


Malheureusement, les bouteilles dédiées à l’export et la consommation de masse sont de piètre qualité. Le jour où la SAQ osera ce genre de vins nouveaux, je serai le premier en ligne pour en acheter. Pour en savoir plus sur le Beaujolais Nouveau






En terminant, pour mes lecteurs québécois, presque tous les producteurs mentionnés plus haut sont représentés ici. Ils sont en importations privées bien sûr. Il paraitrait que la SAQ travaillerait sur un dossier sur le Beaujolais pour un prochain numéro du Cellier. Espérons que notre cher monopole en profitera pour sortir des sentiers battus...