La date du 27 février était au calendrier depuis longtemps. Un souper de beaufs était prévu. Celui-ci était particulier, il était organisé en l’honneur du beauf Jean-Marc qui célébrait ses 50 ans. Un demi-siècle, ça se fête n’est-ce pas ? En fait, toutes les
raisons sont bonnes pour faire un repas de boys. Comme il s’est ouvert plus de 14 bouteilles, j’ai décidé de diviser ce compte rendu en deux parties.
Cette célébration signifiait nourriture exquise et vins exceptionnels. Le repas fût préparé de main de maître par Claude qui nous a cuisiné pas moins de 7 plats ! Comme à l’habitude, tous les vins furent servis à l’aveugle. Voici, dans l’ordre, les vins de la soirée avec les commentaires des convives. En relisant mes notes, je me rends compte que plus la soirée avance, plus mon écriture devient illisible...
Léonville Berton 1994, cru classé de Saint-Julien
Le nez dit Bordeaux, poivron, fruit, camphre, pas de signe d’évolution. En bouche ça se complique. C’est droit mais il manque un peu de matière. Là on retrouve l’évolution. Assez court. Il faut dire que ce n’est pas un grand millésime. Belle façon de débuter la soirée. Mais vu le prix que cette bouteilles a dû coûté, c’est un peu décevant.
Trimbach Riesling Cuvée Frédéric Émile 2000
Premier blanc de la soirée. Ce vin se présentait beaucoup mieux que ma première bouteille ouverte il y a deux ans. À l’époque, 2h de carafe avait été nécessaire. Cette fois, il est déjà plus ouvert. Au nez: conifères, résine, pétrole, beaucoup de complexité. Le commentaire général: pureté des arômes. En bouche même constat. Précis, droit et très long. Pourra vivre encore longtemps. Malheureusement, cette bouteille est rendue hors de prix. Le 2004 se vend près de 60$ à la SAQ. Il a prit près de 10$ en 2 ans !!! Je ne dis pas qu’il ne le vaut pas, mais c’est quand même assez cher. En France, je l’ai vu à plus de 30€
Domaine de La Vougeraie, Pierres Blanches, Côtes de Beaune 1999
Deuxième blanc, cette fois-ci de Bourgogne fait avec du chardonnay. Cet excellent millésime fût vinifié par un québécois, Pascal Marchand. Nez de noisette, de poire caramélisée et de beurre. Ces arômes laissent croire que la barrique a fortement marqué le vin. Nous sommes à l’opposé du précédent. Le nez manque un peu de fraîcheur. La bouche est concise et plus fraîche. Cependant, l’alcool est assez présent ce qui la déséquilibre. Bon vin technique qui, selon les gens présents, manquait un peu de personnalité.
Clos de la Coulée de Serrant 1989, Savenièrres
Après cette mise en forme très intéressante, nous sommes passés aux choses sérieuses. Issu d’un grand terroir de la Loire, ce chenin blanc produit l’une des bouteilles les plus mythiques du monde. Son producteur Nicolas Joly est tout aussi connu. Il est un des pères de la biodynamie. Le seul souci avec cette cuvée, c’est que l’on ne sait jamais dans quelle état elle se trouve.
Heureusement pour nous, elle s’était mise belle pour les 50 ans de Jean-Marc. Quel nez ! Y’a du monde. Miel, tilleul, caramel, coing, noisette, très complexe. Le nez était tellement beau qu’on a presque oublié de goûter. On a quand même fini par goûter. La bouche était aussi belle. Quelle belle structure, du gras mais avec beaucoup de retenu. Malgré l’âge, l’acidité est encore bien présente. En fait, c’est cette acidité qui m’a fait deviner l’appellation. Et comme toujours avec ces vins vivants, cette minéralité qui sublime le vin. La finale est longue et elle rappelle les arômes. Très belle bouteille qui semblait à son apogée. L’est-elle ?
Gevrey-Chambertin 2005, Sylvie Esmonin
Après cette bouteille, il fallait un rouge. Comme nous étions entre deux plats, je présentai ma deuxième bouteille. Cette appellation se trouve en Bourgogne, en Côte de Nuits. Qui dit Nuits, dit pinot noir. Encore très jeune, ce vin se présentait avec des arômes de cerises confites et de fruits mûrs et de charcuterie. 2005, année exceptionnelle, fût une année chaude et ça se sent. Certains ont même commencé leur recherche en annonçant du grenache, d’autres ont dit gamay. Après quelques minutes, les arômes du pinot se sont imposés. Malgré leur richesse, ils étaient précis. La bouche était d’un bloc mais sans lourdeur. Beaucoup de matière mais beaucoup de fraîcheur. Les tanins sont fins et serrés. Une main de fer dans un gant de velours. J’ai terminé la bouteille le lendemain et elle a montré son potentiel. Le arômes étaient plus ciselés et la bouche plus définie. À revoir dans 5 ans minimum.
Riesling Winkeler Jesuitengarten, Rheingau Kabinett 1983, Balthasar Ress
Retour au blanc et cette fois-ci en Allemagne. Ce pays est un grand producteur de vin blanc. Le riesling y est roi. Dans ce pays son élégance et sa pureté sont mises de l’avant. Très souvent, les degrés alcooliques sont bas et le sucre présent. Ces vins ont des potentiels de garde élevés et vieillissent souvent avec grâce. C’est le cas de cette bouteille qui a traversé les années sans trop de difficultés. Je ne maîtrise pas encore très bien le système de classification des vins allemands, mais je sais qu’en théorie, un kabinett devrait être bu beaucoup plus rapidement.
Ce long préambule pour vous dire que j’ai aimé ce vin. À l’aveugle, le cépage et le pays furent trouvés assez rapidement. Au nez, la minéralité du riesling était bien présente accompagnée par des arômes de truffes blanches et de miel. La bouche est droite, comme si le vin avait mangé son sucre avec les années. Je suppose qu’il devait y en avoir un peu. Ce vin contient seulement 8,5% d’alcool. L’acidité était cependant très ( trop ? ) présente, tranchante. La finale était un peu courte.
Bon, ce vin valait environ 20$ l’année dernière à la LCBO en Ontario, à ce prix, rien à redire. Juste pour le nez, il valait l’achat.
À suivre
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