Domaine Saint-Andrieu, Coteaux du Languedoc
Avant de rencontrer Charles, nous nous étions parlé au téléphone à quelques reprises. Surtout pour affaire car nous importons ses vins au Québec. À cette époque, il m'avait offert d'aller passer quelques jours chez lui afin que nous fassions connaissance. Comme j'ai beaucoup de mémoire pour ce genre d'offre, ma femme et moi avions planifié nos vacances afin de pouvoir profiter de cette offre généreuse. Quel séjour ce fût...
J'ai découvert les vins du Domaine Saint-Andrieu il y a deux ans par un caviste parisien, La Dernière Goutte. Je me souviens d'être tombé en amour avec la cuvée Vallongue, vin d'entrée du domaine. Durant ces années, j'ai du en boire 2 caisses. Je suis bien heureux que ces vins soient maintenant disponibles sur le marché québécois.

Un peu d'histoire
Charles a fait sa première vinification en 1993 après 30 ans passés à Paris chez IBM. En 1980, il récupère les vignes de carignan de la belle famille, qu'elle cultivait depuis 1894. Il décida alors d'en planter d'autres. C'est là que sont nées les parcelles de syrah, grenache, cinsault et mourvèdre, sur une terrasse située à 330 mètres d'altitude. Le domaine compte maintenant 20 ha de vignes, âgées entre 28 et 80 ans, cultivées en lutte "raisonnable". Terme qu'aime bien utiliser cet homme, pour qui aucun absolu ne tient devant le vin. Depuis, sa fille s'est jointe au domaine et a fondé sa propre division, le Domaine Boisantin.
La Vigne

La composition des sols de la région de Montpeyroux varie beaucoup d'une parcelle à l'autre. Cette région est un peu la Bourgogne du Languedoc. Le relief est également très diversifié. On passe rapidement de la plaine à la montagne, en passant par des terrasses et plateaux. Les vignes du domaine sont réparties sur ces différents sols et reliefs, ce qui apporte beaucoup de complexité aux vins.
Ici, aucun engrais chimique ni désherbant n'est utilisé, seulement le fumure organique à base de marc est répandu. Ceci permet la conservation de la vie dans les sols et la préservation de la qualité de l'eau. Également, cette méthode a pour but de faire plonger les racines afin que la vigne soit plus résistante et moins affectée par le climat. Lors de ma première conversation avec Charles, je lui avait posé quelques questions sur ses méthodes de culture et il m'avait dit " Je veux que mes petits enfants puissent boire l'eau de Montpeyroux." Cette phrase résume très bien sa vision de cette façon de cultiver qu'il appelle raisonnable. Les rendements sont maîtrisés par une taille précise et rigoureuse. Ceux-ci tournent autour de 30-35 hl / ha. Les vendanges sont faites à la main sur l’ensemble du domaine
L’artisant à l'oeuvre
En cave, tout est fait le plus naturellement possible et un minimum de bois est utilisé et c'est tant mieux. Seulement deux cuvées sont élevées partiellement en barrique. Les élevages sont assez longs et les vins sont mis en marché lorsqu’ils sont prêts à être bus. Les cuvées ne sont pas produites systématiquement, une année, la matière ne se prête pas à une cuvée ? Il ne la fait pas. Présentement au Québec, nous avons les millésimes 2000, 2002 et 2004, selon les cuvées.

Vallongue: Carignan 50%, Grenache 30% et syrah 20%
Séranne: grenache 20 %, Syrah 20% mourvèdre 20% carignans 40%
Marnes Bleues: mourvèdre 80%, grenache 20%.
Y'euse Noire: mourvèdre 55%, grenache15%, syrah 15%, carignan 15%

Chaque vin a sa personnalité et évolue très bien avec les années. Les quelques vieux millésimes goûtés me l’ont prouvé. Charles recherche la finesse plus que la puissance et il réussi très bien. Entre autre sur l'Yeuse Noire qui est dotée d'un grain fin et d'une fraîcheur étonnante.
Bien sûr, tout ce travail ne se fait pas seul et une belle équipe l'entoure. Charles prépare sa sortie, non sans difficultés car il est toujours aussi passionné, mais à 72 ans l'énergie et la santé ne sont pas toujours au rendez-vous. Sa fille, son assistante et un ami de la famille reprennent petit à petit le contrôle des opérations.
Comme beaucoup de vignerons, les temps ont été difficiles, surtout après le 11 septembre 2001 où ils ont perdu beaucoup de partenaires commerciaux, surtout vers l'Allemagne qui a subi un ralentissement économique important. Les affaires vont beaucoup mieux mais encore aujourd'hui, les Giner vivent à peine du fruit de leur labeur.

En 2000, sa fille Anne a créé son extension du domaine en créant le Domaine Boisantin qui produit 2 cuvées: L’Embellie et le Grand Champs. Ces vins de style assez différent où la syrah joue un rôle plus important. La vision d’Anne et du reste de l’équipe est la même que Charles ce qui est rassurant pour la survie du domaine.
Ce séjour était parfait, il fût couronné par un excellent repas préparé par Renée-Marie, l’épouse de Charles. Merci chers amis pour votre accueil dans ce mas familial des plus charmants. Au plaisir de vous revoir bientôt.

Vous pouvez contacter le Domaine Saint-Andrieu au :
1 Chemin d'Aigues Vives
34150 Montpeyroux
Tél : +33 (0)4 67 96 61 37
Pour les amateurs Québécois, si ces vins vous intéressent ecrivez-moi
Domaine Saint-Andrieu, Coteaux du Languedoc
7 juin 2008