Domaine Aleofane, Guillaume Gilles Cornas, Restaurant le Tournesol Tournon
En cette magnifique journée de mai, quoi de mieux que de passer la journée à Tain, Tournon et Cornas, petites villes situées au pied de l’Hermitage ( photo haut ). Elles sont le point de rencontre de quatre appellations connues: Hermitage, Saint-Joseph, Crozes-Hermitage et Cornas. Ici, la Syrah est reine. Ce serait dans ce coin du monde qu’elle aurait été plantée pour la première fois.
Des cépages blancs y sont également cultivés, la marsanne et la rousanne. Ces deux cépages qui composent les blancs des 4 appellations mentionnées en plus d’une autre moins connue: Saint-Peray. Fait intéressant, ils peuvent également faire partie de l’assemblage des Hermitages rouges jusqu’à 20%.
Mon collègue Pierre et moi avons été accueillis à la gare par mon amie Natacha Chave, propriétaire du Domaine Aléofane. Pour ceux et celles d’entre vous qui me lisez depuis longtemps, vous savez de qui je parle. Il y avait longtemps que je ne l’avais pas vue et je voulais goûter les 2008 et le Crozes-Hermitage, son nouveau bébé né en 2007.

Le travail de la vigne dans ces coteaux n’est pas une mince tâche. Juste y monter le matériel est une épreuve. De plus, il faut être prudent pour ne pas se retrouver tête première au bas de la pente. Natacha nous explique tout ce qu’elle voudrait expérimenter. Elle aimerait bien amener les chevaux pour le travail du sol. Tout un défi de trouver une façon un peu plus simple d’accomplir cette tâche. La pioche et la charrue à bras sont assez éreintants. Surtout qu’elle ne fait pas plus de 1,60M ( 5’3’’). Chapeau. Autre défi du coteau: éliminer tout produit chimique. Tout est mis en oeuvre pour en éviter l’utilisation. La faune apporte également son lot de soucis. Les oiseaux mangent la récolte, les blaireaux également. En plus, ils creusent des trous partout.
Après cette balade, nous passons à la cave déguster. Les 2008, toujours en barriques, sortent tranquillement de leur hibernation et ils se goûtent très bien. Ce sera un beau millésime. Peu de rendement mais de la qualité. On a également goûté les 2007 en bouteille. Ce qui caractérise les vins de Natacha, c’est la pureté de fuit, la finesse et l’intégration parfaite du bois. Attention, il y a quand même de la matière. Les vins sont à son image. Délicat, discret mais avec du caractère. Je vous reparle des 2007 à leur arrivée au Québec.

Super accueil de Héa et Cyril Jamet. La cuisine est excellente et la carte des vins très complète avec une sélection des meilleurs producteurs de la région. Ils aiment voyager et ils organisent, à l’occasion, des repas autour de la gastronomie du pays récemment visité. Je vous invite à consulter la programmation sur leur site web.
Bousculé par le temps, nous avons quitter en vitesse, déjà en retard, pour nous rendre chez Guillaume Gilles, producteur de Cornas. Il était temps que nous quittions car l’accent québécois de Héa refaisait dangereusement surface ;-) .

«Si tu arrives à Saint-Peray, c’est que tu es trop loin» avait dit Guillaume. Nous sommes arrivés à Saint-Peray... Nous avons rebroussé chemin et avons trouvé l’endroit. Un local où se trouve ses cuves en ciment. C’est là qu’il entrepose ses bouteilles. Après les présentations, nous avons traversé la rue et nous nous sommes rendus chez M. Michel Robert, vigneron à la retraite, qui lui prête sa cave.
Guillaume a repris les vignes de M. Robert en 2002 tout en travaillant chez Jean-Louis Chave. Au total, 3 ha dont 2,5 en Cornas et 0,5 ha de très vieilles vignes de plus de 100 ans, classées en Côtes-du-Rhône. Ce n’est
Les parcelles de Cornas sont situées sur le lieu dit Chaillot. Deux parcelles distinctes qui sont plantées sur des sols différents. La première est sur le granite et la deuxième sur de l’argile. Ces deux parcelles sont morcelées en sous parcelles dû aux variations du sol. C’est la combinaison des deux qui donne le produit final. Le pourcentage de chacune est différente d’une année à l’autre. Le reste est vendu en vrac.
Nous avons goûté ces deux parcelles séparément. La première est florale et droite, la deuxième plus masculine avec des arômes de cassis bien mûr. La bouche est plus structurée avec une masse tannique plus imposante. Pour ce qui est du Côtes-du-Rhône, fait de Syrah c’est du sérieux, malheureusement la production est minime, tout comme le prix, si vous en trouvez, achetez !

Par la suite, nous avons goûté les 2007 qui venaient tout juste d’être mis en bouteille. Malgré le choc causé par cette opération, les vins se présentaient très bien. De très belles bouteilles à venir. Beaucoup de matière mais concis, précision d’arômes et aucune lourdeur. La finale est tannique sans être astringente. Le bois se fait extrêmement discret. Très long. Bien sûr il y plus de profondeur avec le Cornas mais le CDR Les Peyrouses suit de très près.
Pour ce qui est de la culture, le but de Guillaume est d’en arriver à ne plus utiliser de produits de synthèse. Pour lui, il n’y a qu’une seule façon d’y arriver: travailler la vigne. L’utilisation de tels produits est déjà réduite au minimum. Il fait les choses graduellement. En cave, les levure naturelles du raisin sont utilisées.

M. Robert a fait la dégustation avec nous. Avant de partir, il nous a ouvert une bouteille à lui: La Geynale 2002. Issu d’un millésime considéré très moyen, ce vin était sublime. Tout en finesse. Beau cadeau. Merci ! Nous sommes repartis en vitesse après quelques achats pour reprendre le train vers Lyon. Quelle belle journée !
Guillaume, la prochaine fois j’arrive plus tôt et on va voir les vignes. Promis.

Escapade sur le rhône
22 mai 2009