
Me voici de retour d’un séjour de 3 jours dans la capitale autrichienne. J’en étais à ma première visite dans la ville de la musique et j’ai beaucoup aimé. Bien sûr, un de mes buts était de boire du vin autrichien. But atteint très facilement car la ville regorge de restaurants, terrasses et bars à vin.
Après quelques heures de sommeil, petite marche en ville. Ce qui m’a immédiatement frappé, c’est la qualité des verres. Sur toutes les terrasses, les gens buvaient du vin dans des Riedel, Schott et autres marques connues. Du petit resto du coin, en passant par la brasserie, jusqu’au restaurant plus chic, la verrerie était impeccable. Même le casse-croûte du zoo du Château de Schönbrunn avait des verres appropriés !!!
Ce qui frappe également, c’est la qualité des vins offerts. Bon, ce ne sont pas tous de grands vins mais la qualité générale est plus qu’acceptable. Il faut dire que l’Autriche semble être un pays de producteurs indépendants qui, pour la plupart, ont d’assez petites productions.

Depuis le scandale de l’ajout d’antigel dans le vin en 1985, les règles se sont durcies. Plus de chaptalisation pour le vin de milieu et haut de gamme et les rendements ont été limités à 60 hl/ha. C’est encore pas mal mais on est très loin de certaines régions françaises qui acceptent plus de cent. 60 hectolitres à l’hectare de vigne c’est moins que les rendements de Dom Pérignon. Les prix à table sont raisonnables. Pour un verre, ça va entre 1,80€ et 6,00€. La plupart entre 2,60€ et 4,00€. TOUS les endroits où nous avons mangé inscrivaient le nom du producteur et le millésime.
J’ai même vu à quelques reprises le taux d’alcool, d’acidité et les sucres restants !!! La photo de droite est, en partie, la sélection de vin d’un petit restaurant ouvert seulement le midi dans le quartier des musées. Je suis loin de mon dernier voyage à Bordeaux-Mulhouse.
Mes seuls commentaires négatifs sont que 1: ils servent les vins rouges à la température ambiante, et 2: les vins blancs semblent, en général, très sulfités. Au sujet du vin rouge, on nous a dit que c’est comme ça que les autrichiens aiment leurs rouges. Est-ce vrai ? Le proprio d’un bar à vin nous a répondu : Bullshit ! Mais ses rouges n’étaient pas plus frais que les autres endroits visités...



Nous avons goûté 4 vins. Première série: Un riesling de la maison Grinziger et un Grüner Veltliner ( cépage local ) de Logler. Deux vignobles qui me sont complètement inconnus. Les deux, excellents. Frais, droit et précis avec un peu de gaz carbonique et une acidité tranchante mais aucunement agressante. Typique des blancs autrichiens. En général, leur vins sont secs au profil long. Parfait apéro !
Deuxième série: Les rouges (malheureusement trop chauds). Le premier un zwegelt 2006 de Pöckl. Premier contact avec ce cépage local. Tout en fruit, bonne acidité. Équilibré. C’était le verre de ma femme et elle a dit que ça ne ressemblait à rien de ce qu’elle connaissait. Effectivement, aucun repaire olfactif ou gustatif. Génial !
Le deuxième le Pannobile 2006 du Domaine Heinrich. Selon mes recherches, le «grade» Pannobile fût créé par 7 vignerons du Burgendland. Afin d’obtenir cette mention, le vin doit contenir au moins 85% de cépages indigènes et être élevé en barrique. Il doit être le reflet de son terroir et de son vigneron. Le but de ce projet est de combattre la standardisation du goût. Quelle bonne idée ! Cependant, celui que j’ai goûté avait un style très international. Très boisé par ses 16 mois en barriques ( 70% neuves ). Il aurait pu venir de partout. Je croyais au départ à un assemblage bordelais, pourtant il était composé de zweigelt, de blaufränkisch, de merlot et de St. Laurent. Beaucoup de concentration mais une bonne acidité qui apportait un peu d’équilibre . Trop jeune ? Sûrement. Ce vin aurait dû être mis en carafe. Surtout trop chaud, il devait être à 22 ou 23°C. J’aimerais bien le re-goûter dans quelques années dans de meilleures conditions, et pour voir si le bois aura réussi à s’intégrer.
Par contre ce domaine est excellent. Les cuvées que j’avais goûtées jusqu’à maintenant m’avaient beaucoup plu. À la SAQ vous retrouverez l’excellent Heinrich Blaufränkisch qualitatswein Neusiedlersee 2005. Dommage, c’est la seule cuvée disponible au Québec.

La deuxième adresse est le Eulennest ( nid de chouette ). Plus petit, cet endroit est chaleureux et propose également une grande sélection de vin. Le patron est très sympathique et parle parfaitement anglais. Charcuteries et fromages sont également au menu. Deux très bons vins dégustés. Le premier, le riesling Zöbing 2008 de Hirsch , vignoble en conversion bio, à 3€ le verre ou 11€ la bouteille. Le deuxième, un muskateller, cépage de la famille du muscat, dont j’ai oublié le nom du producteur.
Ce dernier était très intéressant. Son nez parfumé ( rose ) annonçait une bouche large et puissante. Surprise ! Elle était longue et droite. Belle acidité. À peine 12 % d’alcool. Tout les vins goûtés durant notre séjour contenait du gaz carbonique. Je vais devoir enquêter sur le sujet.
Donc très beau séjour. J’y retournerai je l’espère. La prochaine fois, visite de vignobles. Il y plusieurs vignobles autour de Vienne qui sont accessibles en métro.
Autres adresses
Wein & Co : caviste et bar à vin
Meindl : Caviste, bar à vin, épicerie fine
Wein & Wasser: Bar à vin et eaux
Vienne: Ville de vin
18 juillet 2009